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Bretons de Paris
Des exilés en capitale

En 1997 Didier Violain édite un très beau livre intitulé « Bretons de Paris » portant en sous-titre « Des exilés en capitale ». Ci-dessous sa préface ainsi que la présentation de quelques bretons de Saint-Denis qui y témoignent.

" Comme tout le monde ! je suis arrivé à Paris pour chercher du travail. Et petit à petit, presque inconsciemment, je me suis rendu compte que je n'était pas tout à fait un Parisien comme les autres. Où se situait la différence ? J'aurais été bien incapable de la dire. C'était avant tout un sentiment personnel, une impression, quelque chose d'assez impalpable, au fond.

Mais d'autres Bretons, rencontrés par hasard, m'ont fait comprendre que ce sentiment était partagé. « Va au Ti-Jos, dans les fest noz et tu verras ... » C'est ce que j'ai fait. Et j'ai pris conscience que ma propre histoire s'inscrivait dans celle d'une communauté, à laquelle j'appartiens.

C'est de ce constat qu'est née l'envie de faire ce livre. Et d'une curiosité aussi ! J'ai voulu savoir ce que les autres, les générations d'avant, avaient vécu. Comme on reconstitue un puzzle, j'ai cherché à rassembler toutes ces histoires singulières pour tenter d'obtenir, au final, un portrait de famille. Celui de la communauté des Bretons de Paris.

Très souvent, les gens que j'ai rencontrés commençaient pourtant par me dire : « Je n'ai pas grand chose à raconter. Ma vie est assez banale. » Comme pour s'excuser. Et puis l'entretien se prolongeait, tout un passé, une mémoire resurgissaient. Et quand au fil de la discussion, j'évoquais certains points précis de la vie d'autres bretons de Paris, ils me disaient « Ah oui, c'est vrai ça ! D'ailleurs ... »

Délicat et subtil jeu de miroir.

Qu'on me pardonne donc si, par hasard, quelques reflets se révélaient trompeurs. J'espère, en tout cas, que les Bretons de Paris s'y reconnaîtront. Chacun à sa manière."

Didier Violain.











Un départ au hasard
Robert Mahé (page 16) est fils de paysans. Il est né en Brière, une zone de marais située près de Saint-Nazaire. Après avoir travaillé comme boucher pendant une dizaine d'années à Saint-Denis, il a reprit ensuite la crêperie « Ty Krampouez mad »

Les mille et un métiers de Jean-Marie Poupon
Jean-Marie Poupon (page 26) est né en 1912 à Nantes où ses parents, originaires du Finistère, avaient dû émigrer en 1905. Sur dix enfants seuls huit sont montés à Paris. Militant au parti communiste, il ne manquait jamais le pardon, organisé par l'Union des Sociétés Bretonnes de l'Ile de France.

René Kersanté, paysan de Saint-Denis
René Kersanté est né à Saint-Denis, même si sa famille est originaire de Broons, en Ille et Vilaine. Son coin de campagne entouré de HLM est devenu une sorte de curiosité locale, faisant un peu partie du patrimoine de Saint-Denis. C'est comme une parcelle de mémoire collective jalousement entretenue...

Saint-Denis : rouge et fraternelle
Pierre Douzenel était photographe à la mairie de Saint-Denis. Il a, à ce titre, suivi pendant de nombreuses années les manifestations bretonnes de la ville. Il s'est peu à peu intéressé à cette communauté et est devenu un des spécialistes de l'histoire des Bretons de Saint-Denis.

Jules et Jean
« Ils s'appelaient jean et Jules Trémel. C'étaient mon oncle et mon père. Deux bretons venus des Côtes-du-Nord qui se sont lancés dans la politique. Pour défendre leurs compatriotes ... » Jules Trémel qui témoigne ici, est le fils de Jules-Marie Trémel, arrivé à Saint-Denis en 1888. Il a suivi la voie de son père puisqu'il a effectué trois mandats de six ans, au conseil municipal de Saint-Denis.

Le maire s'appelle Braouezec ..
Patrick Braouezec est né en 1950. Issu d'une famille des Côtes d'Armor, il est maire PC de Saint-Denis depuis 1991.
Il a laissé le poste de maire à Didier Paillard, un autre breton, et est aujourd'hui président de la communauté d'agglomération Plaine Commune.